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L’immortel comte de Saint-Germain

le-Comte-de-Saint-Germain8C’est un trait curieux du caractère humain que de considérer les étrangers et l’inconnu comme un danger. Ce trait rend l’homme soupçonneux et inquiet en face de tout nouveau venu qui ne se conforme pas au mode de penser et aux règles de conduite établis.

Lorsque le comte de Saint-Germain, parut en Angleterre, en 1745, il ne fut pas surprenant qu’un honorable Anglais conformiste comme l’était Horace Walpole, ait donné de lui le portrait suivant : « Il chante et joue du violon à merveille, il compose, il est fou et déraisonne. »

Centuries de Nostradamus : Une prédiction qui crève les yeux…

f5224415a2d42fc4 1024x682Bien qu’il récusât lui-même l'appellation de prophète, les contemporains de Michel de Nostradamus ne se privèrent pas de le désigner souvent ainsi, mettant cet aimable médecin astrologue au rang des Elus de Dieu…

Car voici un homme, réputé pour sa probité et son savoir, aimé pour sa générosité et son courage, respecté et crains pour ses amitiés de haut lignage, non pas riche mais aisé, et qui possède au surplus le don de prédire, et à un point jamais vu…

Est-il diabolique ou choisi par Dieu ? Est-ce un bateleur, un charlatan, un beau parleur ou un véritable prophète, un homme de Dieu ? Est-ce un initié de haut rang qui, à titre exceptionnel, enfreint la loi du silence ? Ou au contraire, est-ce une engeance diabolique et perverse, un trompeur, un affabulateur, un tentateur ?

On le préféra heureusement sous l’aspect bénin, ce qui certes lui évita le bûcher, mais ne fit qu’exciter la jalousie et l’incompréhension. Les jets de pierres, les crachats et les insultes l’ont parfois cruellement atteint, alors même qu’il était au pinacle…

nostradamus medecinNostradamus, que rien n’a jamais arrêté dans son existence, ni les études, les voyages, les menaces et encore moins la peste, va consacrer dix années de son existence à la rédaction de ses fameuses Centuries. Isolé dans le dernier étage de sa maison, au cours de ses très nombreuses veilles, et profitant du calme et de la splendeur du ciel de Provence, il va s’épuiser à supputer l’avenir et le devenir des hommes ses semblables, qu’il a généreusement soigné et aidé toute sa vie durant, quoi qu’en aient dit les pseudo historiens prétendument rationalistes et ses habituels contempteurs.

Mais que vaut un tel travail ? Que valent-elles vraiment, ces prédictions ? Sont-elles assez fiables ? Assez précises dans la définition et la qualification des événements, des temps et des lieux ? En un mot, sont-elles utiles ou futiles ?

Voici de quoi se faire une opinion… Changement de décor !

Le quartier des Tournelles, en plein cœur de Paris, est en émoi depuis un mois : pensez, le roi et la cour, à l’occasion du mariage de Marguerite de France, sœur du roi, et d’Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, offriront des fêtes – juste retour ludique des impôts – et un tournoi auquel le roi Henri II lui-même participera.

Cette liesse, que tout le monde partage, n’est cependant qu’une mince couverture jetée sur les sourds conflits qui agitent le peuple français : le schisme entre catholiques et protestants (qui ne protestent pas contre le Pape, comme le laisserait croire leur nom, signifiant tout simplement Témoins) dégénère en guerre civile, et teinte les activités d’une crainte permanente… Désunis, divisés et partagés, les Français sont exposés aux appétits de leurs voisins. Les Anglais ont déjà rompu avec Rome et instauré une religion d’Etat sous la conduite de leur roi Henri VIII ; l’Anglicanisme, ce qui ne s’est pas fait sans hypocrisie politique et gros épanchements de sang…

Nous appuyant sur les écrits des chroniqueurs de l’époque, et notamment Monsieur de Vieilleville – ami du roi Henri II –, Mèzeray et de l’abbé Brantôme, nous allons à présent relater les circonstances de l’événement qui apporta une gloire aussi éclatante que durable à Michel de Nostradamus.

Peut-être serez vous étonnés, lors de cette lecture, comme nous le fûmes nous-même, du fait que la barbarie et l’extrême sensibilité – duels et songes – se mélangent étroitement et de manière incompréhensible à ces époques pour le moins périlleuses….

henri iiEn 1555, à l’âge de 37 ans, le roi Henri II reçoit de son astrologue personnel – Luc Gauric – un pronostic le mettant en garde contre les joutes et autres tournois auxquels il pourrait participer lorsqu’il parviendrait à l’âge de quarante-et-un ans, car ceux-ci pouvaient, selon lui, être à l’origine d’un accident mortel par suite d’une blessure à la tête. Mais le roi, peu susceptible de croire aux billevesées des astrologues et des devins en général, oublia rapidement l’avertissement astrologique des planètes. 

Pour tout dire, ce monarque était beaucoup moins crédule que sa mère, la dévote et très superstitieuse Catherine de Médicis, qu’il raillait affectueusement. Celle-ci avait peut-être quelques bonnes raisons de s’inquiéter : en effet, ce Luc Gauric avait déjà prédit que le dauphin accéderait au pouvoir royal et que son avènement serait marqué par un duel, or non seulement Henri II était devenu roi mais le duel qui devait marquer son règne s’était en effet déroulé, le 10 juillet 1547 : la rivalité entre la duchesse d’Etampes et la favorite Diane de Poitiers, alors à son comble, avait entraîné le seigneur de la Châtaigneraie et le gentilhomme Guy Chabot de Jarnac sur le terrain.

C’était littéralement le remake du duel de David contre Goliath, et tout comme dans l’histoire biblique, c’est le minuscule et frêle Chabot de Jarnac qui l’emporta, en tranchant le jarret de son adversaire géant par un coup inconnu qui le rendit maître de la situation en quelques secondes… le fameux coup de Jarnac. Ou j’arnaque, au choix, puisque de là vient ce verbe d’argot parisien.

Mais revenons-en au tournant de notre tournoi des Tournelles, qui donne le tournis…

En mettre plein la vue…

chevalier image animee 0128Nous sommes le 30 juin 1559, et les fastueuses réjouissances en sont à leur troisième jours…

Le roi se propose de concourir contre trois adversaires : le premier, son tout récent beau-frère le duc de Savoie, lui déclare : « Monsieur mon frère, serrez bien les genoux, car je vais sûrement bien vous esbranler sans respect pour l’alliance et la fraternité qui déjà nous unissent », sous-entendant par là, de manière bien gauloise malgré son origine, qu’il s’attaquerait à la partie virile de son adversaire, pourtant parent et ami. Le deuxième est de Guise ; il ne lui dit rien puisqu’il convoite le trône, avec de certaines fortes raisons. Le troisième et dernier est le jeune comte Gabriel de Montgomery, lieutenant de la prestigieuse Garde écossaise, qui s’offre pour clore la royale prestation.

Beau combat. Jusqu’à présent, tout va bien : R.A.S (Rien à Signaler…).

Après la dernière lance, le roi exprime cependant son désir de renouveler la rencontre avec Montgomery. Monsieur de Vieilleville, vieux compagnon du roi, blêmit alors d’un coup : « Sire - lui-dit-il - , je jure devant Dieu vivant qu’il y a plus de trois nuits que je ne fais que songer qu’il doit vous arriver malheur et que ce dernier jour est fatal. Sire, vous en ferez comme il vous plaira ».

Mais le roi n’en fait qu’à sa royale tête, car tel est son bon plaisir, et de s’engager aussitôt en lice pour une nouvelle passe avec l’Ecossais. Mais dans ce dernier affrontement, qui deviendra l’ultime, le destin donne son verdict et laisse tomber brutalement son implacable loi : la lance de Montgomery glisse sur l’armure du monarque, se brise après s’être profondément enfoncée dans l’œil royal, et ressort derrière l’oreille du malheureux, que l’on emporte pantelant dans une tente.

Henri II 1519 59 est mortellement blessé lors d39une joute lors des célébrations de mariage de sa fille de Histoire de France par Colart

Le Connétable de France, Anne de Montmorency, livide, fait demande au secrétaire Claude de l’Aubespine de lui apporter séance tenante le texte des prédictions de Gauric et du Provençal, ce Michel de Nostradamus dont on parle beaucoup depuis quelques temps : la lecture le fait presque défaillir, et il titube et vacille au point qu’on lui approche un siège, où il s’assoit lourdement ; « Il n’estoit pas possible aux devins de mieux et plus clair parler que cela – se lamente-t-il les yeux noyés de larmes –, d’autant plus que de leur naturel ils sont toujours ambigus et doubteux dans leurs discours. Mais là, ils parlèrent fort ouvertement. Ah ! Que maudits soient ces devins qui prophétizèrent si au vrai et si mal ! »

Une notoriété tape à l’œil

L’émoi suscité par la mort aussi brutale qu’inattendue du roi de France ne suffit pas : l’annonce précise de celle-ci par les astrologues, et surtout par Michel de Nostradamus, dont le nom est plus séduisant et sonne mieux à l’oreille que celui de Luc Gauric, qui écorche en effet les oreilles délicates ou les bouches maladroites à prononcer, et est donc plus propice à rester dans les mémoires, redouble l’agitation populaire… Mais que diable, qu’avait donc prévu ce Nostradamus ? Qu’avait-il écrit qui pouvait si aisément convaincre des ses qualités de devin ou de prophète ?

Au trente-cinquième quatrain de la première de ses Centuries, soit à moins de dix petites pages du début de son ouvrage, il a écrit :

                Le lyon ieune le vieux surmontera,
                En champ bellique par singulier duelle,
                Dans cage d’or les yeux luy crevera,
                Deux classes une puis mourir mort cruelle. (I, 35)

Tout y est : le lion jeune est Montgomery, dont le blason montre en effet un lion ; le vieux lion est le roi Henri II, dont les armoiries portent aussi un lion et qui est né sous le signe du Lion ; s’il est plus âgé que son rival, qui le vaincra, les deux hommes sont de redoutables mais nobles combattants, des lions en effet ; cela se fait sur un champ de bataille en combat singulier, le duel ; la cage d’or n’est autre que la visière grillagée du heaume royal, toute dorée ; et la lance est entrée par un œil pour sortir derrière la royale oreille, en une plaie des plus douloureuses, et dans une lente et effroyable agonie qui dura une éternité de souffrances – dix jours interminables –, pendant lesquels les chirurgiens s’entraînèrent à opérer sur des prisonnier du Châtelet à qui l’on avait infligé la même blessure… car que vaut la vie d’un homme du peuple par rapport à celle d’un roi ? Devinez !

Si cette centurie fut peut-être écrite – au plus tard – une quinzaine d’années avant ce cruel événement, il est certain qu’elle parut quatre ans avant la mort du roi…

Est-ce là pur hasard ? Chance ? Coïncidence ? Synchronicité ? Concomitance ?

Et sinon, qu’est-ce ?

A. P

 

| Petit supplément

Dont la présence ici est motivé par notre seul plaisir de vous faire connaître d'autres quatrains… |

 

Sur la destinée des États-Unis

Le grand empire sera par Angleterre
Le Pempotam des ans plus de trois cens

Grandes copies passer par terre et mer
Les Lusitains n'en seront pas contens (X, 100).

Quand Nostradamus écrivait ces lignes, l’Angleterre était l’un des moins importants pays d’Europe, bien loin du grand Empire qu'elle deviendra plus tard, avec ses innonbrables territoires d'outre-mer (...copies passer par terre et mer). En 1588, trente-trois ans après que le Livre des Prophéties eut été publié, l’Angleterre battait « l’invincible Armada » espagnole...et portugaise (les Lusitains n'en seront pas contens). La puissance de la Grande-Bretagne dura « plus de trois siècles », jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, quand l’Amérique apparut comme le pouvoir dominant. Cette hégémonie fut, semble-t-il, annoncée par le voyant de Salon dans d’autres vers :

Dans l’aquatique triplicité naistra
D’un qui fera Jeudy pour sa feste
Son bruit, loz, règne, sa puissance croistra
Par Terre et Mer aux Oriens tempeste (I, 50).

11Les Etats-Unis sont la seule nation qui célèbre sa fête nationale un jeudi - le dernier jeudi de novembre ou « Thanksgiving-Day ». C’est le jour de fête par excellence, avec l’inévitable et traditionnelle dinde sur la table. L’Amérique du Nord fut en majeure partie peuplée par des pionniers anglais, hollandais et français que les bateaux de ces trois nations amenèrent sur le sol américain. C’est sans doute ainsi qu’il faut traduire « l’aquatique triplicité » dont parle Nostradamus. Il a raison quand il prévoit la renommée et le pouvoir qu’atteindra la nation nouvelle - les U.S.A. Son bruit, loz (contraction des mots « luz » et « oz » (soit « lumière » et « or, once, etc.. »), les États-Unis ont en effet installé leur hégémonie grâce au cinéma, allié à une puissance médiatique et économique implacable.

Il ne se trompe pas non plus sur l’Amérique apportant la tempête en Orient - cela débuta avec les batailles des troupes américaines dans le Pacifique, au Japon, en Corée et au Vietnam., et cela reprit de plus belle en 1990 avec la guerre du Golfe, puis vinrent les guerres d’Afghanistan, d'Irak, etc.

Avait-il prévu Napoléon ?

dwd48Un empereur naîtra près d’Italie
Qui à l’Empire sera vendu bien cher
Diront avec quels gens il se ralie
Qu'on trouvera moins prince que boucher (I, 60)

Napoléon Ier naquit en Corse, près de la côte italienne, et il coûta cher à la France - la campagne de Russie, à elle seule, fit périr un demi-million d’hommes.

Bien que ne comportant aucune date, un autre quatrain, touchant vraisemblablement à Napoléon, laisse perplexe :

Du nom qui oncques ne fut au Roy Gaulois
Jamais ne fut un fouldre si craintif
Tremblant l’Italie, l’Espaigne et les Anglois
De femme estrangiers grandement attentif (IV, 54).

Napoléon fut le premier souverain en France à porter un prénom inhabituel. Ses campagnes militaires furent une cause d’inquiétude pour l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie. Plein d’attention pour les femmes étrangères, certes, Napoléon Bonaparte le fut ! Marie-Louise était autrichienne, la comtesse Marie Walewska polonaise et peut-être devrions-nous citer au premier rang l’impératrice Joséphine qui, bien que française, était créole.

Nous auront bien du mal a interpréter ce dernier quatrain selon la fameuse théorie des coïncidences de Jung...

Quelques ouvrages utiles :

  • L'Histoire prédite et jugée par Nostradamus, Henri Torné-Chavigny, Dupuy, Bordeaux, 1860.
  • Nostradamus : son message aux hommes de bonne volonté, Antoine Plussihem, Carnot, 2003.
  • Nostradamus, "Qui suis-je ?",  Pierre-Émile Blairon, Pardès, 2007.
  • nostradamus8

 

Lumière sur les lampes perpétuelles

La description de lampes perpétuelles, inextinguibles, éternelles, dites parfois sépulcrales, remonte à la plus haute Antiquité… et personne n’enquête sur elles

De nombreux auteurs juifs, grecs, romains, arabes et médiévaux, ont rapporté les découvertes de ce type de lampes dans des tombeaux et des temples, surtout en Egypte.

Certaines de ces histoires sont peut-être controuvées et inventées, mais certains faits demeurent… dont ceux-ci :

La Bible, par exemple, au chapitre 27 de l'Exode, verset 20, décrit le tabernacle des Hébreux décoré d’une lampe de cette nature.

Temple RomainNuma Pompilius, le second roi de Rome (environ six siècles avant notre ère), outre sa légendaire capacité à maîtriser la foudre, passait pour posséder une lampe éternelle dans le dôme de son temple [1]. Plutarque écrivit qu’une lampe était constamment allumée à l’entrée du sanctuaire de Jupiter-Amon. Les prêtres lui avaient affirmé qu’elle brûlait ainsi depuis des années et que ni le vent ni l’eau ne pouvaient rien contre sa flamme [2] [3].

En l’an 70 de notre ère, l’historien grec Pausanias vit dans le temple de Minerve une lampe en or qui éclairait durant une année sans qu’on ait besoin de la remplir d’huile [4].

L’auteur satirique grec Lucien (120-180 de notre ère) qui fit un récit détaillé de ses voyages, nous a laissé une description des merveilles qu’il a vues au cours d’un voyage à Hiérapolis, en Syrie du Nord. On lui a montré un joyau incrusté dans la tête en or de Héra; de ce bijou émanait une grande lumière... « et le temple entier rayonne comme s’il était éclairé par des myriades de cierges ».

Autre miracle : les yeux de la déesse vous suivaient lorsque vous vous déplaciez. Lucien n’a pas fourni d’explication de ce phénomène, les prêtres se sont refusés à lui dévoiler leurs secrets [5]

Les mystères du temple dédié à Jupiter, à Baalbek (actuel Liban) sont associés à ceux des « pierres lumineuses ». L’existence de ces pierres qui, dans les temps anciens, éclairaient les palais durant la nuit ne peut être mise en doute car de nombreux auteurs en ont parlé.

Chez les Egyptiens, les Grecs et les Romains, on avait généralement l’habitude d’éclairer l’intérieur des sépulcres, peut-être en hommage à la déesse de la Mort, peut-être parce qu’on croyait ainsi aider les défunts à trouver leur chemin à travers la « Vallée des ombres ». Plus tard ces lampes mystérieuses furent remplacées par d’autres plus petites contenant de l’huile.

Ce qui paraît le plus étrange ce sont ces flammes qui brûlaient encore lorsque des « profanateurs » pénétrèrent dans des tombeaux murés depuis des siècles...

st augustinSaint Augustin (354-430) donna la description d’une lampe merveilleuse dans l’un de ses ouvrages. Elle était en Egypte, au sanctuaire d’Isis et Saint Augustin assure que ni le vent ni l’eau ne pouvaient l’éteindre. Sous le règne de Justinien, empereur de Byzance (VIe siècle), une lampe perpétuelle fut trouvée à Antioche. D’après l’inscription gravée sur cette pièce, elle devait avoir fonctionné plus de cinq cents ans [6].

Lorsque la sépulture de Pallas, fils d’Evandre, immortalisé par Virgile dans l’Enéide, fut ouverte près de Rome en 1062, on trouva la tombe illuminée par une lanterne perpétuelle qui avait brillé plus de deux mille ans [7]

lampes antiques

Un sarcophage contenant le corps d’une jeune patricienne fut trouvé à Rome [8], sur la voie Appienne, en mars 1485. Quand le sombre revêtement qui préservait le corps de la décomposition fut enlevé, la jeune femme, avec ses lèvres rouges, ses cheveux noirs et ses traits délicats, paraissait vivante. Elle fut exposée à Rome et admirée par vingt mille personnes. Lorsque son mausolée, jusque-là inviolé, avait été ouvert, une lampe y brillait et cette lumière inattendue effraya tant les chercheurs qu’ils la brisèrent. Elle devait brûler depuis mille cinq cents ans ! [9]

Autre témoignage : Charles Galliot, dans son Histoire de la province de Namur (t. 1, Liège, 1788, pp. 43-44.), avance qu'...

ext1561141

Quant à Athanase Kircher, dans son Œdipus Aegyptiacus (Rome, 1652), il fait état de lampes allumées découvertes dans certains hypogées de Memphis, en Egypte.

huc-7w4yLe Tibet est également connu pour avoir possédé des lampes miraculeuses qui brûlaient indéfiniment, le père Régis Evariste Huc (1813-1860) y prétend avoir examiné l’une des lampes qui brûlent d’un feu perpétuel « inextinguible ».

 

Sur la nature de ces étonnantes lampes

Personne n’est encore arrivé à donner des réponses satisfaisantes aux deux principales questions que nous nous posons : Comment furent fabriquées les lampes ? D’où provenait leur énergie propre?

Les Rose-Croix revendiquent l’héritage de « la lumière éternelle » en déclarant que lorsque la tombe de Christian Rosenkreutz fut « violée », on vit trembler une flamme qui avait été allumée cent vingt ans auparavant.

Au début du vingtième siècle, on reparla du mystère du « feu éternel » à la suite de découvertes faites en Egypte et aux Indes. Naturellement les Rose-Croix parlent toujours de « mystérieuse substance alchimique » mais ils ne peuvent en fournir aucune preuve concrète.

Fulcanelli-1880L'Alchimiste et Adepte Fulcanelli, dans ses Demeures philosophales (Paris, Jean Schemit, 1930), nous parle de ces lampes perpétuelles en faisant clairement référence à la fameuse Pierre Philosophale :

« Les maîtres de l’art nous apprennent que le but de leurs travaux est triple. Ce qu’ils cherchent à réaliser en premier lieu c’est la médecine universelle ou pierre philosophale proprement dite. Obtenue sous forme saline, multipliée ou non, elle n’est utilisable que pour la guérison des maladies humaines, la conservation de la santé et l’accroissement des végétaux. Soluble dans toute liqueur spiritueuse, sa solution prend le nom d’Or potable parce qu’elle affecte une magnifique couleur jaune. Sa valeur curative et la diversité de son emploi en thérapeutique en font un auxiliaire précieux dans le traitement des affections graves et incurables. Elle n’a aucune action sur les métaux, sauf sur l’or et l’argent, avec lesquels elle se fixe et qu’elle dote de ses propriétés, mais, conséquemment, ne sert de rien pour la transmutation. Cependant, si l’on excède le nombre limite de ses multiplications, elle change de forme et, au lieu de reprendre l’état solide et cristallin en se refroidissant, elle demeure fluide comme le vif-argent [le mercure métallique, ou hydrargyre] et absolument incoagulable. Dans l’obscurité, elle brille alors d’une lueur douce, rouge et phosphorescente, dont l’éclat reste plus faible que celui d’une veilleuse ordinaire. La médecine universelle est devenue la "Lumière inextinguible", le produit éclairant de ces lampes perpétuelles, que certains auteurs ont signalé comme ayant été trouvées dans quelques sépultures antiques. Ainsi radiante et liquide, la pierre philosophale n’est guère susceptible, à notre avis, d’être poussée plus loin : vouloir amplifier sa vertu ignée nous semblerait dangereux, le moins que l’on pourrait craindre serait de la volatiliser et de perdre le bénéfice d’un labeur considérable. Enfin, si l’on fermente la médecine universelle, solide avec l’or ou l’argent très purs, par fusion directe, on obtient la Poudre de Projection, troisième forme de la pierre. C’est une masse translucide, rouge ou blanche selon le métal choisi, pulvérisable, propre seulement à la transmutation métallique. Orientée, déterminée, et spécifiée au règne minéral, elle est inutile et sans action pour les deux autres règnes.»

Notes :

  • [1] « Des Phosphores Naturels et Artificiels, et des Lampes Perpetuelles » in Recreations mathématiques et physiques, Jacques Ozanam, Jombert, Paris , 1735, t. IV, p. 282.
  • [2] Ibidem, pp. 282-83.
  • [3] Oeuvres morales de Plutarque, éd. Didier, 1844, Paris, t. II, p. 291.
  • [4] « (...) on ne la remplit d'huile qu'une fois par an, et elle brûle jusqu'à pareil jour de l'année suivante, quoiqu'elle soit allumée jour et nuit. » Pausanias, Description de la Grece, t. I, L'Attique, C. XXVI. (trad. de M. Clavier, Paris, 1821).
  • [5] « (...) cette statue porte sur sa tête un diamant qu'on appelle la lampe. Ce nom lui vient de son effet. Il jette durant la nuit une lueur si vive, que le temple en est éclairé comme par des flambeaux ; dans le jour, cette clarté est beaucoup plus faible ; la pierre conserve pourtant une partie de ses feux. Il y a encore dans cette statue une autre merveille. Si vous la regardez en face, elle vous regarde ; si vous vous éloignez, son regard vous suit. Si une autre personne fait la même expérience d'un autre côté, la statue en fait autant pour elle. » Lucien de Samosate, Oeuvres complètes, C. LXXII (trad. nouvelle)
  • [6] La Cité de Dieu de saint Augustin, trad. Pierre Lombert, Paris, 1701, p. 584.
  • [7] « Tune corpus Pallantis, filii Evandri, de quo Virgilius scribit, romae repertum est illibatum, ingenti stupore omnium, quod tot secula incorruptione suî Superaverit (...) Ardens lucerna ad caput inventa, arte mechanica ut nullius flatus violentia, nullius liquoris aspergine valeret extingui. Quod cum multi mirarentur, unus (ut semper aliqui solertius ingenium in malis habent) stylo subtus flammam foramen fecit. Ita introducto aere ignis evanuit ». Guillaume de Malmesbury, Gesta regum Anglorum, chap. XXIX.
  • [8]  Selon certains auteurs, cette jeune femme n'était autre que Tullia, la fille de Cicéron, décédée en 45 av. J.-C.
  • [9] Journal des sçavans, 1681, p. 118.

Bibliographie :

  • Andrew P. Tomas, We are not the first - riddles of ancient science. G.P. Putnam's, 1971.
  • Des lampes inextinguibles à la lumière éternelle, par Antoine Plussihem (Revue Nouvelle planète).
  • Im verlorenen Paradies. Neun Jahre Irak. Rohrer, Baden bei Wien u.a. 1940.
  • A Hyatt Verrill : Old Civilizations Of The New World, 1942.
  • Dictionnaire encyclopédique des amusemens des sciences mathématiques et physiques, Jacques Lacombe, 1792, pp. 641-645.
  • L'antiquité expliquée et représentée en figures: Tome cinquieme, Seconde partie, Bernard de Montfaucon, 1722. pp. 208-218.
  • « Des Phosphores Naturels et Artificiels, et des Lampes Perpetuelles » in Recreations mathématiques et physiques, Jacques Ozanam, Jombert, Paris , 1735, t. IV.
  • De Lucernis antiquorum reconditisNicolai Schiratti, 1653.

Table des illustrations :

  • 1) Croquis des trois pièces de la pile de Bagdad.
  • 2) Un bas-relief dans les cryptes du Temple de Dendérah, où l'on peut voir l'étonnante structure ressemblant à un étrange système d'éclairage.
  • 3) Temple Romain. Gravure dessinée par F. Kargl, gravée par G. Niemann. 1850.
  • 4) Saint Augustin
  • 5) Lampe en bronze romaine trouvée à Nimes, gravure extraite des Monumens antiques, inédits ou nouvellement expliqués, par Aubin-Louis Millin (pl. XXII du t. II, Paris, 1806)
  • 6) Régis Evariste Huc
  • 7) Fulcanelli